Opéra en trois actes
Livret de Giuseppe Adami et Renato Simoni
d’après Gozzi
(Editions musicales Ricordi)
Samedi 28 juillet à 21h30
report, en cas de mauvais temps, au dimanche 29 juillet à 21h30
Mardi 31 juillet à 21h30
report, en cas de mauvais temps, au mercredi 1er août à 21h30
Durée du spectacle : 2h30
Direction musicale Michel Plasson
Mise en scène Charles Roubaud
Scénographie Dominique Lebourges
Costumes Katia Duflot
Éclairages Avi Yona Bueno
Turandot Lise Lindstrom*
Liù Maria Luigia Borsi*
Calaf Roberto Alagna
Timur Marco Spotti
Imperator Altoum Chris Merritt*
Ping Marc Barrard
Pang Jean-François Borras
Pong Florian Laconi
Un mandarino Luc Bertin-Hugault*
Orchestre National de France
Chœurs de l’Opéra-Théâtre d’Avignon, de l’Opéra de Nice, de l’Opéra de Toulon Provence-Méditerranée, de l’Opéra de Tours et de l’Ensemble Vocal des Chorégies d’Orange
Maîtrise des Bouches-du-Rhône
* pour la première fois aux Chorégies
Drame lyrique en trois actes et cinq tableaux, Turandot, l’opéra inachevé de Puccini, est peut-être l’œuvre la plus ambitieuse du compositeur de La Boheme, Tosca ou Madame Butterfly. Après la création du Trittico au Metropolitan Opera de New York, Puccini était à la recherche d’un nouveau sujet lorsque Renato Simoni, journaliste au Corriere della Sera, proposa d’adapter une pièce de Carlo Gozzi intitulée Turandotte (1762). Max Reinhardt l’avait montée en 1911 à Berlin avec une musique de scène de Ferruccio Busoni qui en fit un opéra créé à Zurich en 1917. Simoni fut chargé de l’adaptation en compagnie de Giuseppe Adami, collaborateur de Puccini pour ses récents opéras. Avant que d’entreprendre la composition musicale de l’œuvre, le musicien étudia avec le plus grand soin la musique chinoise pour demeurer au plus près de l’esprit de l’Empire du Milieu. Comme toujours chez Puccini, la genèse de son opéra fut laborieuse, ses librettistes faisant les frais de ses sautes d’humeur et de ses doutes. Fin 1922, les deux premiers actes étaient quasiment achevés alors que s’étaient déjà faites sentir, chez Puccini, les premières douleurs à la gorge qui se révéleraient bientôt être un cancer ; le troisième acte était très avancé : restait à composer le duo final que Puccini voulait être l’équivalent du grand duo du deuxième acte de Tristan und Isolde de Richard Wagner ! Parti pour Bruxelles afin d’y subir une radiothérapie, Puccini ne survécut pas au traitement et mourut le 29 novembre 1924, laissant son ultime chef d’œuvre inachevé. Le jeune compositeur italien Franco Alfano fut chargé d’écrire la fin du troisième acte, mais lors de la création de l’œuvre sous la baguette de Toscanini à la Scala de Milan le 26 avril 1926, le maestro posa sa baguette à la mort de Liù, là où le compositeur avait posé sa plume. Le lendemain, Turandot fut joué intégralement avec le duo et le tableau final composés par Alfano. Après avoir fait le tour du monde, Turandot fut monté aux Chorégies d’Orange en 1979, 1983 et 1997.
À l’origine de ce « conte chinois », un orientaliste français, Pétis de La Croix, ambassadeur de Louis XIV au Moyen-Orient, qui rapporta de ses séjours lointains des contes et légendes (1710). Ils inspirèrent après lui maints littérateurs ou hommes de théâtre parmi lesquels Carlo Gozzi qui fit de l’un d’eux une « fiaba cinese teatrale tragicomica » (Turandotte) qu’adapta en allemand Schiller, traduit à son tour en italien par Andrea Maffei. Puccini et ses librettistes eurent connaissance de ces diverses versions qu’ils synthétisèrent. Le livret raconte donc l’histoire de Turandot, la cruelle princesse de Chine, fille de l’empereur Altoum. Marquée par le souvenir du viol suivi de l’assassinat de son aïeule, elle a les hommes en horreur. Elle doit toutefois se marier, mais elle y met une condition : son futur époux devra résoudre trois énigmes qu’elle lui soumettra, faute de quoi le prétendant sera décapité ; c’est précisément ce qui arrive au Prince de Perse qui fut un candidat malheureux. Lors d’une bousculade devant le palais impérial, le prince Calaf retrouve son père Timur, roi déchu des Tartares, renversé naguère par l’Empereur de Chine ; il est guidé par une jeune esclave Liù ; tous trois sont là incognito. Alors que le Prince de Perse est conduit à l’échafaud, paraît la Princesse Turandot dont la beauté éblouit Calaf qui décide de demander sa main et de concourir à son tour. Les ministres Ping, Pang et Pong tentent en vain de le dissuader, tout comme son père et Liù, secrètement amoureuse de Calaf. La cérémonie des énigmes doit donc se dérouler : le vieil empereur en rappelle les règles qu’accepte Calaf qui résout les énigmes à la grande joie du peuple et des ministres, las de tant de sang versé pour le caprice de la Princesse. Mais celle-ci supplie son père de ne point la donner en mariage à l’inconnu qui propose à son tour une énigme : si la Princesse découvre son nom, il acceptera de mourir ! Sur ordre de Turandot, tout le monde se met à la recherche du nom de l’inconnu et l’on se saisit de Timur et de Liù qu’on a vus à ses côtés et qui savent probablement son nom. Pour éviter que son maître ne soit torturé, Liù avoue connaître seule le nom de l’inconnu, mais, craignant de ne point résister à la torture, elle se poignarde et meurt. Le face à face de Calaf et Turandot qui suit est terrible : Calaf déchire le voile qui masque le visage de la princesse et lui arrache un baiser passionné ; la Princesse fond alors et se laisse aller à un sentiment qui ne peut être qu’amoureux ; Calaf lui dit son nom, que la Princesse, vaincue, révèle à son père et au peuple assemblé. Ce nom est : « amour » !
Philippe Gut